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Stablecoin : définition, fonctionnement et risques

USDT, USDC, DAI, EURC : les stablecoins promettent une valeur stable dans un marché qui ne l'est pas. Découvrez comment ils fonctionnent, ce que change MiCA et les risques à connaître.

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Exceefy02/10/2026 00:008 min de lecture
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Le marché baisse de 15% en une semaine. Vous décidez de sécuriser une partie de vos gains et vous vendez vos altcoins contre de l'USDC, en vous disant que vous êtes désormais "au chaud", comme sur un compte en euros. Un samedi matin de mars 2023, vous ouvrez votre application et découvrez que votre USDC s'échange autour de 0,88 dollar.

Ce scénario n'a rien d'imaginaire : c'est ce qui s'est produit après la faillite de la Silicon Valley Bank. Les stablecoins sont devenus la colonne vertébrale du marché crypto, mais ils ne sont ni des euros, ni des dollars, ni des dépôts bancaires garantis. Comprendre comment ils fonctionnent, c'est comprendre où se cache leur risque.


Qu'est-ce qu'un stablecoin ?

Un stablecoin est un crypto-actif conçu pour maintenir une valeur stable par rapport à une référence, le plus souvent le dollar américain, parfois l'euro ou l'or. Un USDT ou un USDC vise à valoir 1 dollar, un EURC vise à valoir 1 euro. Ce lien avec la référence s'appelle le "peg" (l'ancrage).

Techniquement, un stablecoin est un token émis sur une ou plusieurs blockchains (Ethereum, Tron, Solana, etc.). Il circule comme n'importe quelle crypto : vous pouvez l'envoyer à un autre portefeuille en quelques secondes, l'échanger sur un exchange ou l'utiliser dans un protocole décentralisé. La différence, c'est qu'il ne cherche pas à prendre de la valeur : il cherche à rester à 1.

Le marché des stablecoins pèse plus de 200 milliards de dollars depuis 2025, largement dominé par deux acteurs : Tether (USDT), lancé en 2014, et Circle (USDC), lancé en 2018. Toute la question est de savoir ce qui garantit, concrètement, que votre token vaudra encore 1 dollar demain.


Les trois grands modèles de stablecoins

Tous les stablecoins ne tiennent pas leur ancrage de la même manière. On distingue trois familles, avec des niveaux de risque très différents.

Les stablecoins adossés à une monnaie fiat. C'est le modèle dominant. Un émetteur centralisé (Tether, Circle) détient des réserves en dollars ou en euros, principalement de la trésorerie et des bons du Trésor à court terme, et émet un token pour chaque unité détenue. En théorie, vous pouvez toujours échanger 1 USDC contre 1 dollar auprès de l'émetteur (en pratique, ce rachat direct est réservé aux clients institutionnels, les particuliers passant par les exchanges). USDT, USDC et EURC appartiennent à cette catégorie. Leur solidité dépend entièrement de la qualité des réserves et de l'honnêteté de l'émetteur.

Les stablecoins surcollatéralisés en crypto. DAI, créé par MakerDAO (aujourd'hui rebaptisé Sky), en est l'exemple historique. Pour générer 100 dollars de DAI, un utilisateur doit bloquer dans un smart contract des cryptos valant davantage, par exemple 150 dollars d'ETH. Si la valeur de la garantie chute trop, la position est automatiquement liquidée pour protéger l'ancrage. Ce modèle est plus transparent (tout est visible on-chain) mais dépend de la solidité du code et de la qualité des garanties, qui incluent d'ailleurs aujourd'hui une part d'USDC et d'actifs du monde réel.

Les stablecoins algorithmiques. Ici, pas de réserve suffisante : un algorithme ajuste l'offre pour maintenir le prix, généralement grâce à un second token. Le cas d'école est TerraUSD (UST). Son ancrage reposait sur un mécanisme d'échange avec le token LUNA et sur les rendements d'environ 20% proposés par le protocole Anchor. En mai 2022, des retraits massifs ont déclenché une spirale : UST a perdu son ancrage, LUNA a été émis en quantités astronomiques pour tenter de le défendre, et les deux se sont effondrés en quelques jours. Des dizaines de milliards de dollars de valeur ont disparu. Depuis, le terme "stablecoin algorithmique" est synonyme de prudence extrême.


Pourquoi les stablecoins sont devenus indispensables

Les stablecoins sont les cryptos les plus utilisées au quotidien, bien plus que Bitcoin pour les échanges. Plusieurs raisons expliquent ce rôle central.

Une paire de trading universelle. Sur la plupart des exchanges, les cryptos se négocient contre USDT ou USDC plutôt que contre le dollar. Cette position leur confère une liquidité exceptionnelle : ce sont souvent les actifs qui affichent les volumes d'échange quotidiens les plus élevés du marché.

Une porte d'entrée et de sortie. Les stablecoins servent de pont entre le système bancaire et la blockchain. Ils permettent de déplacer de la valeur entre plateformes, 24h/24, sans dépendre des horaires d'un virement bancaire.

Le carburant de la DeFi. Prêts, emprunts, pools de liquidité : l'essentiel de la finance décentralisée repose sur des stablecoins, parce qu'ils offrent une unité de compte stable pour calculer des intérêts et des garanties.

Un refuge temporaire face à la volatilité. Quand le marché s'emballe à la baisse, basculer une partie de son portefeuille en stablecoins permet de se protéger de la volatilité sans quitter l'écosystème crypto. C'est pratique, à condition de ne pas confondre "stable" et "sans risque".


Les risques des stablecoins à ne pas sous-estimer

Le risque de depeg. Un stablecoin peut décrocher de sa référence. L'épisode USDC de mars 2023 en est l'illustration : Circle avait environ 3,3 milliards de dollars de réserves bloqués à la Silicon Valley Bank au moment de sa faillite. Pendant un week-end, le marché a douté et l'USDC est tombé autour de 0,88 dollar avant de retrouver son ancrage, une fois que les autorités américaines ont garanti les dépôts. DAI, en partie adossé à l'USDC, a suivi le même mouvement.

Le risque émetteur et la transparence des réserves. Avec un stablecoin fiat, vous faites confiance à une entreprise. Publie-t-elle des attestations régulières ? Par quel cabinet ? Ses réserves sont-elles composées d'actifs liquides ou de placements plus risqués ? Tether a longtemps été critiqué sur ce point et a été sanctionné en 2021 par la CFTC américaine pour des déclarations trompeuses sur ses réserves. La situation s'est améliorée depuis, mais une attestation n'est pas un audit complet.

Le risque réglementaire. Un stablecoin peut être gelé, restreint ou retiré d'une plateforme du jour au lendemain en fonction de l'évolution des lois. Les émetteurs centralisés ont par ailleurs la capacité technique de geler des adresses, ce qu'ils font régulièrement à la demande des autorités.

Le risque de conservation. Laisser ses stablecoins sur un exchange revient à ajouter un risque de contrepartie à celui de l'émetteur. En cas de faillite de la plateforme, comme lors de l'effondrement de FTX, vos stablecoins sont bloqués comme le reste. C'est tout l'enjeu du principe Not your keys, not your crypto.


Ce que change MiCA pour les stablecoins en Europe

Depuis le 30 juin 2024, le règlement européen MiCA encadre strictement les stablecoins. Il distingue deux catégories : les EMT (e-money tokens), adossés à une seule monnaie officielle comme l'euro ou le dollar, et les ART (asset-referenced tokens), adossés à un panier d'actifs ou de devises.

Pour proposer un EMT au public dans l'Union européenne, l'émetteur doit être agréé comme établissement de crédit ou établissement de monnaie électronique. Il doit détenir des réserves ségréguées, dont une part minimale doit être déposée auprès de banques, garantir un droit de remboursement à tout moment et au pair, et publier un livre blanc. Les émetteurs ont en revanche interdiction de verser des intérêts aux détenteurs.

Conséquence concrète : Circle a obtenu un agrément en France en 2024 pour USDC et EURC, tandis que Tether n'a pas demandé d'agrément pour USDT. Plusieurs plateformes régulées ont donc retiré ou restreint l'USDT pour leurs clients européens entre fin 2024 et début 2025. Ce basculement a des effets profonds sur l'équilibre du marché, que nous analysons dans notre article sur le choc des modèles de stablecoins en Europe.


Comment choisir et utiliser un stablecoin

Il n'existe pas de stablecoin parfait, mais quelques critères permettent de limiter les risques.

Vérifiez le statut réglementaire. En tant que résident européen, privilégier un stablecoin conforme à MiCA vous protège d'un retrait soudain de votre plateforme et vous donne un cadre juridique en cas de problème.

Regardez la composition des réserves. Un émetteur sérieux publie des attestations mensuelles détaillant ses actifs. Méfiez-vous des rendements élevés : un stablecoin qui "rapporte" 15% par an prend nécessairement des risques quelque part.

Choisissez la bonne devise. Si vous raisonnez en euros, détenir des stablecoins en dollars vous expose au taux de change EUR/USD. Un stablecoin euro comme l'EURC supprime ce risque, au prix d'une liquidité plus faible.

Diversifiez et sécurisez. Répartir vos stablecoins entre plusieurs émetteurs limite l'impact d'un depeg isolé. Pour des montants importants détenus sur la durée, un cold wallet supprime le risque lié à l'exchange (mais pas le risque émetteur).

Enfin, n'oubliez pas que vos stablecoins font partie de votre portefeuille : suivre leur part et leur valeur réelle dans un outil comme Exceefy vous évite de perdre de vue une exposition qui peut devenir significative.


FAQ

Un stablecoin est-il sans risque ?

Non. Un stablecoin est conçu pour être stable, pas pour être garanti. Il n'est pas couvert par la garantie des dépôts bancaires et peut perdre son ancrage en cas de doute sur les réserves, de problème technique ou de décision réglementaire. Les stablecoins adossés à des réserves de qualité sont nettement plus solides que les modèles algorithmiques, mais le risque zéro n'existe pas.

Quelle est la différence entre USDT et USDC ?

Les deux sont des stablecoins adossés au dollar et émis par des entreprises privées. USDT (Tether) est le plus gros en capitalisation et très utilisé hors d'Europe. USDC (Circle) est réputé plus transparent sur ses réserves et dispose d'un agrément MiCA, ce qui en fait l'option la plus accessible sur les plateformes régulées en Europe.

Peut-on gagner des intérêts avec des stablecoins ?

Oui, via des protocoles DeFi ou certaines plateformes, mais ce rendement n'est jamais gratuit. Il provient du prêt de vos fonds à des emprunteurs ou de stratégies qui comportent un risque de contrepartie, de smart contract ou de liquidation. L'histoire de TerraUSD rappelle qu'un rendement anormalement élevé est souvent le premier signal d'alerte.

Convertir ses cryptos en stablecoins est-il imposable ?

En France, un échange entre crypto-actifs, stablecoins compris, n'est en principe pas un fait générateur d'imposition. C'est la conversion en euros, ou l'achat d'un bien ou service, qui déclenche l'imposition de la plus-value. Les règles pouvant évoluer, vérifiez votre situation avec un professionnel ou la documentation officielle.

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